Pragmatique du sous-entendu

Pragmatique du sous-entendu
Elle lui parle, il l'écoute.

Répond parfois, mais écoute surtout le doux filet de voix, qu'il répugne à interrompre.

Et pourtant...

Sous les paroles, courent des mots. Ses mots à lui.

Sous la solide croûte des phrases prononcées... ces mots ayant atteint une maturité suffisante pour être liés les uns aux autres, ayant trouvé leur chemin dans les méandres de l'esprit et les hésitations du langage, jusqu'à être exprimés au grand jour...

Sous ce fertile terreau de phrases qu' on appellera Conversation, donc, coule une rivière souterraine.

Un flot trouble, hétérogène de mots encore indécis.

Elle, n'a pas conscience de l'existence de ce flot ; elle est entièrement livrée à la culture de ce joli jardin qu'elle soigne depuis un moment : elle y ajoute ici la fleur d'une expression imagée, là l'engrais efficace d'une question rhétorique...

Lui cependant, ne s'occupe de ce charmant jardinet que d'une main distraite, tant ses pensées sont tournées vers l'en-dessous...

La rivière coule avec la vigueur de ses espoirs, les remous de ses craintes... Ca et là, dans les profondeurs de son lit, se devine tel ou tel sombre désir... L'eau en est chaude, minérale, gorgée de vitalité... bouillonnant de l'immensité du Possible...

Elle, donc, parle encore et encore... mais lui voudrait bouleverser tout cela, ce jardin propret tout décoré de roses, de pétunias, de tulipes - de lieux communs.

Si jamais elle lui laisse l'occasion... un sourire, une légère pause pour observer un silence et apprécier d'autant plus la reprise de l'harmonieuse mélodie de leurs voix... Une petite imperfection, une hésitation dans ce joli petit paysage...

Oui, qu'elle lui laisse une seule ouverture, et il laissera remonter ces mots qu'il garde enfouis !

S'il le peut, il laissera exploser un geyser de mots, chargés de sentiments vrais et puissants, inondant l'impeccable gazon, noyant les tulipes convenues, gâtant complètement tout le beau travail !

Destruction magnifique ! Stupeur et tremblements !

Mais ces mots d'ailleurs, quels sont-ils exactement..? Qu'amènent-ils dans leur ruissellement..? De l'amour..? Du mépris..? De la colère..? Quel aveu tente ici de se faire jour..?

Qu'importe, après tout, ce qui compte, c'est que cette eau vive, s'il le peut, avec toute la force de l'Insoupçonné il la fera monter jusqu'au ciel, d'où elle retombera en une pluie fine, légère, presque immatérielle sur leurs visages...

Du moins, s'il le peut...


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# Posted on Sunday, 20 December 2009 at 4:09 PM

Edited on Saturday, 26 December 2009 at 8:13 AM

<3 A Definition Of Love <3

<3 A Definition Of Love <3
L'amour, c'est ce qu'on donne le plus
et
ce qu'on rend le moins.

L'amour, c'est faire violence
et
se faire violence.

L'amour, c'est ce qui brille par sa présence
et
ce qui brille encore plus par son absence.

L'amour, on peut en vivre
et
en crever.

L'amour, c'est ce qui manque le plus au monde
et
ce dont on parle le plus communément, dans la pub, les journaux people, les chansons...

L'amour,à mon âge, on lui court après
et
on l'évite, et lorsque par hasard on le trouve il nous semble un poids trop lourd à porter...

L'amour, c'est manipuler et séduire
et
être manipulé et séduit.

L'amour, c'est parce qu'il existe qu'il y a la haine
et
vice-versa. (Rêveurs, cessez de rêver, un monde peace and love n'existera JAMAIS.)

L'amour, c'est ce que j'ai pour vous, Clément et Laurence et Papa et Laurent et Morgane et Anaïs et Marine et Olivier et Nassim et Jérôme et Romain et Eva et....... je n'en ai pas moins pour ceux que je ne cite pas ici mais à qui je pense et pour ceux que je ne cite pas ici et que j'oublie et pour tous ceux que j'ai aimé etpour tous ceux que j'aimerai et ceux que je ne connais pas mais qui me veulent du bien et les autres.
C'est absurde de vouloir tout catégoriser ainsi !

La haine, puisque sans elle il n'y a pas d'amour, c'est ce que j'ai pour ceux qui me firent souffrir et ceux qui ne me rendirent pas l'amour que j'ai donné. L'amour et la haine, je ne t'apprends rien lecteur, sont toujours les deux tranchants d'une même lame ; si je hais ceux-là, c'est que je les ai aimés ou que je les aimerai un jour.

L'amour et la haine rassemblent énormément de monde.

Mais pas autant que ce qui reste.

Ce qui reste pourtant, est pire que la haine : c'est ce qui soustrait les individus au monde, les en efface purement et simplement comme s'ils n'étaient pas à leur place ; comme si leur unique crime, c'était être. Poussière balayée aux quatre vents.

Ce qui reste pour ceux-là, donc, c'est l'indifférence. C'est ce que j'ai, ce que tu as, ce que nous avons tous, pour le reste du monde.


Copyright FoNkY fAnFaN

# Posted on Wednesday, 09 December 2009 at 4:50 PM

Edited on Wednesday, 09 December 2009 at 5:20 PM

Le danger est partout !

Le danger est partout !
En ces temps de pandémie mondiale,

de toussotements,

de solution hydroalcoolique,

de crachotements,

de migraine,

de nez qui coule,

de distance sociale minimum,

de toux grasse,

de courbatures,

de vaccin ou pas ? ,

de mais tousse dans ta manche connard ! ,

de je t'aime mais je t'embrasserai pas sans mon masque,

de brrr il fait frisquet,

de merde on a trop de morts va falloir penser à creuser un fosse commune,

de ah mais vous savez y'a plus de saisons ma ptite dame ! tout fout le camp ! ,

de Twilight ,

de ben vous savez quoi, ces maladies-là c'est tout la faute des bamboul... euh, des bougnou... , enfin des immigrés quoi..! ,


je tiens à exprimer mes mesures DRASTIQUES afin d'enrayer la progression du méchant, méchant, méchant virus H1N1.

Je demande une action conjointe du Ministère de la Santé et de l'Académie Française, afin que l'on supprime du dictionnaire certaines locutions HAUTEMENT maladogènes [ je fais Lettres moi, Monsieur, pas médecine ].

Des expressions comme "sur le bout de la langue" ou encore "se mettre le doigt dans l'oeil", dans le contexte de risque extrême de contagion dans lequel nous nous trouvons, ne doivent être employées qu'avec une grande précaution, de préférence en présence d'un médecin ou en milieu hospitalier.

Je demande à ce que l'on supprime l'expression "lèche-vitrines" qui constitue selon moi un manque total d'hygiène et une incitation à l'absorption de bactéries dangereuses ,

que "les doigts dans le nez" ou sa variante plus... hum, gauloise, "les doigts dans le cul", soit remplacé par "les doigts dans une surface correctement aseptisée au préalable" ,

que "donner un coup de main" soit transformé, pour plus de prudence, en "donner un coup de main propre et désinfectée au savon liquide pendant trente secondes minimum" ,

que le "bouche à oreilles" soit remplacé par "bouche à omoplate gauche", afin d'éviter l'instillation virale par voie auriculaire ,

que "manger dans la main de quelqu'un" soit interdit, pour d'évidentes questions de contamination de la nourriture ,

que "lèche-cul" ou "suce-bite" soient modifiés pour "gastro-urologue qualifié".

Désinfectons le langage et luttons, ensemble, contre la grippe porcine *.




* Vous pouvez tout aussi bien ne pas m'écouter, bande de cons j'en ai rien à foutre de toute manière on va tous crever en 2012.

Copyright FoNkY fAnFaN, certifié parano préventif...


# Posted on Monday, 07 December 2009 at 6:56 PM

Edited on Monday, 07 December 2009 at 7:06 PM

La hiérarchie des sens

La hiérarchie des sens
J'ai lu un peu de philo : un mec, je me rappelle plus son nom, disait que "l'Homme est esclave de ses sens"...
Genre il renifle avant de réfléchir. J'y croyais pas trop.

Je crois pas à grand-chose, en règle générale.

En fait , je croyais à rien.

Pas avant de connaître Elly.

La première chose que j'ai connue d'Elly, c'est son nom : un copain m'avait parlé d'elle, et tout de suite j'avais été frappé par le son de son prénom. Eèè - li. E-lly. Ca sonne doux, Elly. Ca donne l'impression d'entendre le sobriquet d'une Hélène, une Hélène tellement mignonne qu'elle l'aurait gardé à vie. Et puis Elly, èèè-li, ça coule dans l'oreille comme du miel (enfin c'est une image)...

La seconde chose que j'ai sue d'Elly, c'est son image : Elly est blonde, grande, et quand elle rigole on croirait entendre le tintement des pièces contre le métal d'une machine à sous : c'est la bénédiction... Enfin j'en sais rien, moi.

Ce que j'ai connu d'Elly plus tard, c'est son goût, son odeur et sa consistance : tout ce qui se dérobait à ma vue avant, je le lui ai pris ce soir de pluie, après l'avoir raccompagnée chez elle en voiture. J'lui ai fait le coup, pasd de la panne, celui de "J'reconfigure mon GPS pour rentrer, profitons-en pour discuter". Sa peau était un peu humide et salée, elle avait la moiteur du désir. Quand on s'est jetés sur son pieu, j'avais le nez dans ses cheveux : ils sentaient ce parfum bon marché que j'avais cru devoir lui offrir pour l'avoir. "On m'achète pas", qu'elle avait répondu.

J'avais jamais cru à rien. Mais depuis ce jour-là, je croyais en Elly. Elly et son corps fait pour offrir, Elly et son rire pas possible, Elly et son prénom bizarre. Eèè-li.

L'autre soir, je suis rentré du restau où je bosse, à 20h comme d'hab. Je savais qu'Elly serait là. Ce que j'avais pas prévu, c'est qu'elle serait pas seule.

La 1ère chose que j'ai perçue, c'est d'abord la vision d'Elly étalée au sol, la gorge ouverte, et à debout à côté d'elle ce même ami qui me l'avait présentée. Un couteau à la main. (Je me doutais pourtant que ce salopard s'y intéressait). Le rouge, le rouge partout, le rouge sur ses mains, sur la gorge d'Elly. Sur la lame.

Ensuite, j'ai perçu la douleur qui m'étreignait le ventre : j'avais tellement la rage, j'ai chopé cette bouteille peinte qui faisait déco sur le meuble de l'entrée, je me suis précipité vers lui et j'la lui ai pétée sur la tête, avant que ce salaupiaud aligne deux pauvres mots. J'ai nettement entendu son crâne qui s'est brisé sur le coup. Il est tombé raide mort, caput.

Les crimes passionnels, encore une chose à laquelle j'croyais pas avant, tiens (je pensais que c'était que dans Cold Case, sur la 2).

Ce que j'ai perçu après, c'est le cri strident qu'Elly a poussé en se relevant, horrifiée.

Moi j'y comprenais rien : elle était morte égorgée, et voilà qu'elle se relevait et pleurait son assassin.

La dernière chose que j'ai perçue... C'est l'odeur... forte et sucrée... l'odeur du ketchup qui maculait le sol, et dont Elly elle-même était badigeonnée... et l'image, l'image du calendrier fluo trop kitsch qui trône dans mon salon, et qui indiquait : "1er AVRIL".


Copyright FoNkY fAnFaN, bitch.

# Posted on Wednesday, 25 November 2009 at 12:27 PM

Sweet Dreams

Sweet Dreams
Salut, lecteur !

Je tiens d'abord à faire une déclaration solennelle : J'EMMERDE les introductions en entonnoir qui ont squatté penndant si longtemps ce blog. Snirf, SNIRRRRRFFL, PEUH ! *crache une grosse glaire par terre*

Ceci, étant dit, allons à l'essentiel : j'adore les cauchemars.

La plupart des gens, si on leur posait la question, répondraient sûrement qu'ils préfèrent les rêves agréables.

Mais voient-ils assez loin ?

Un "beau rêve", quand on y pense, c'est souvent mièvre et commun : "Ouah trop bien, j'ai rêvé que j'étais riche", "ouah trop bien, j'ai rêvé que j'avais la dernière console", "ouah, j'ai rêvé que j'étais célèbre"...

Alors que les cauchemars ! Les cauchemars sont la plupart du temps des rêves imaginatifs et bizarres, qui se nourrissent de choses plus profondes que les rêves... De choses que l'on ne préfère pas regarder en face : des angoisses refoulées, des peurs oubliées... On rêve tous à peu près pareil ; ce sont nos cauchemars qui nous différencient : dis-moi de quoi tu cauchemardes, et je te dirai qui tu es...

Le cauchemar est la cour des miracles de notre conscient.

Ce que le cauchemar procure souvent, c'est une montée d'adrénaline, une frayeur plus vraie que nature, taillée sur mesure pour soi-même, plus sûre et plus travaillée que n'importe quel film d'horreur.

Mais surtout, surtout, le plus important, c'est le réveil : on est toujours déçu de voir un rêve s'évanouir. Normal, le rêve est un paradis artificiel, une illusion dont le goût est sucré ; en revanche, s'en réveiller, c'est se retrouver avec toute l'amertume de la réalité à la bouche. La redescente est lourde, brutale. Elle nous laisse pantelants, désespérés.

Le cauchemar, lui, est un enfer halluciné, duquel on sort soulagé, genre "Ouf ! J'ai cru un moment que j'étais vraiment fan de Christophe Maé !" Il nous rend heureux de la réalité...

Mais peut-être que le rêve, en nous confrontant à nos désirs, en faisant miroiter puis disparaître à nos yeux des Eden perdus, ne nous fait pas fuir la réalité... mais nous oblige plutôt à faire un travail sur nous-mêmes.

A grandir, finalement, et accepter la réalité.


Copyright FoNkY fAnFAn : certifié endormi éveillé...
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# Posted on Monday, 26 October 2009 at 7:46 PM

Edited on Tuesday, 17 November 2009 at 3:32 PM